Étant nouvelle dans la lutte étudiante, j’ai souvent l’impression de ne pas être à ma place. Pourtant il s’agit d’un mouvement collectif dans lequel chacun et chacune devrait pouvoir fair sa part sans se sentir jugé-e ou intimidé-e. C’est que la bureaucratie, l’organisation et les instances reliées au militantisme demandent de l’adaptation. La confiance en soi est souvent dure à atteindre et les dynamiques de groupe étranges à gérer. Je dirais que c’est en partie à cause de “l’élitisme” crée par l’ancienneté de certaines personnes.



De savoir si ma mère va me calisser dehors de chez moi, si je m’implique trop. Parce qu’elle est totalement contre et me menace de m’empêcher de vivre chez moi si je dépasse les bornes. Ça me stresse beaucoup car si ça arrive je vais me retrouver sans logis et sans aide financière.



... je ne me sens plus à ma place au sein du mouvement étudiant. J’ai aussi l’impression de ne pas être aimé. Le fait que personne ne me parle. J’ai été méchant avec d’autres personnes et j’en suit les contre-coups. Mais à l’heure actuelle je me sens seul. Sinon j’ai de l’espoir envers l’avenir.
Le vide:
Le vide systémique
Le vide intériorisé
Le vide social
Le vide spécial
Spécialement vide. le vide
Particulièrement seul, le vide
Je suis le vide
Tu me regarde vide
Vide dans ton regard
Ton regard vide de vide
Car ton vide est plein
De ton jugement sur mon vide
Alors le bide vide
J’avale ce vide vide
Pour crier dans le vide
Substance!
Gardez en tête avant de consulter ces ressources...  en savoir plus
Il y a plein d'approches différentes. Certaines approches ont tendance à poser trop facilement des diagnostics pathologiques (par exemple, «dépression,» «troubles anxieux,» «troubles de comportement,» «troubles de personnalité») sans tenir compte du contexte dans lequel nous vivons et ses enjeux sociopolitiques. Il y a toutefois des ressources et des services ayant une approche plus soutenante de l’engagement social et politique, et qui étendent la notion de « soin de soi » à la notion de « soin de sa communauté. »

Tout cela pour dire: il n'y a ni réponse ni approche adaptée à tous les besoins, mais il n'y pas de tort à connaître l'éventail de ressources et de services disponibles. Comme partout ailleurs, il est important de garder un esprit critique, de respecter notre vécu, et d’être conscient-e-s des dynamiques de pouvoir qui peuvent exister même dans des relations de thérapie et dans la promotion de la santé (un possible exercice pratique : p. 44 de ce petit journal de The Icarus Project offre des possibles questions à poser aux thérapeutes).

À cet égard, connaissez-vous des groupes de soutien mutuel en lien avec le désespoir vécu par les militant-e-s ? Êtes-vous intéressé-e-s à participer dans un groupe de soutien en lien avec le désespoir vécu dans la militance ? S’il vous plaît, contactez-moi à nhausfather@gmail.com.

Collectif du bien-être militantE / Politics & Care

* English is Below

Prendre soin de soi, et des autres, en proportions égales, forme la base de la création d’une société inclusive dans laquelle on prend soin de chaque personne. Il est de notre responsabilité de trouver des façons de mettre fin à l’épuisement sempiternel. Prendre soin de soi équivaut d’accepter la responsabilité de nos réponses émotives, de nos attentes émotionnelles et de nos vies émotionnelles.

Manifesto: A Feminist Ethics of Care for Activists



What is Politics & Care?

Politics & Care – Un Projet vise à rendre explicite les liens entre les processus créatifs, dans les approches de guérisons holistiques, les pratiques d’art de rue et un discours politique intégrant le bien-être et le soin de soi dans le militantisme et l’organisation politique.


Politics & Care est lancé en août 2012, avec en trame de fonds le Printemps Érable québécois, au Canada – une grève étudiante de 7 mois visant à contrer la proposition du gouvernement provincial d’augmenter les frais de scolarité de 75% sur une période de 5 ans. La réponse gouvernementale au flot constant de manifestations contre la hausse des frais de scolarité s’est limitée à de la répression extrême et la négation des droits politiques de base. En mai 2012, le gouvernement a adopté le projet de loi 78, invalidant les droits de l’ensemble des citoyen.ne.s de participer à des manifestations politiques sauf avec l’approbation des forces policières. Cette loi et les arrestations de masse qui l’ont accompagnées, ont été largement décriées par les associations étudiantes, les centrales syndicales, les groupes communautaires et d’avocats, ainsi que par le bureau du Haut Commissionnaire des Droits de l’Homme des Nations Unies et Amnistie Internationale . L’atmosphère ainsi créée a menée à de hauts niveaux de tensions, de stress, d’épuisement, de traumatisme, ainsi que de fatigue et de colère, de ressentiment et de peur, particulièrement chez les militant.e.s, mais aussi chez les autres citoyen.ne.s affectés par le cynisme du gouvernement, le bruits des hélicoptères et des sirènes, les scènes et les photos de violence.


Le Printemps Érable aura servi d’étincelle à un début de sensibilisation et de conscientisation collective quant à l’épuisement qui menace quotidiennement les personnes luttant pour davantage de justice sociale. Il devient évident que le travail émotionnel et affectif (écoute active, confidentialité, travail de soutien, médiation, apaisement de tensions) nécessaire à la gestion de l’épuisement est souvent dévalorisé et relayé à des positions secondaires « non essentielles » à la lutte. Au contraire, les militant.e.s ressentent souvent le besoin de persévérer, dans une logique justement militaire, laissant peu d’espace dans nos communautés pour lutter différemment.


La grève étudiante a également suscitée une immense créativité et a permis de développer un humour typique au mouvement. Les interventions artistiques ont joué un rôle clé dans la mobilisation étudiante, comme une façon d’apaiser les tensions, de maintenir le moral et de multiplier l’expression de la dissidence. De l’utilisation du carré rouge, symbole du mouvement, porté par les militant.e.s et sympathisant.e.s, mais également afficher sur les murs, accrochés aux balcons, sur les bancs, sur les arbres, dans les espaces publicitaires, sur les maisons, sur les statues, etc., aux perturbations économiques, en passant par l’immense originalité des pancartes utilisées lors des manifestations et des actions politiques – incluant les « casseroles » quotidiennes. L’espace public, devenu véritable babillard du mouvement, a bénéficié de l’expression créative de la résistance tout comme elle a encouragé la solidarité à l’intérieur du mouvement et avec la population.


De nouvelles méthodes d’organisation communautaire ont pu être développées
Le Printemps Érable a fait apparaître une opportunité et un désir visible – particulièrement parmi les personnes nouvellement mobilisés politiquement par la grève – de développer de nouvelles méthodes, où l’échange international au sujet des arts et pratiques de savoir qui sensibilisent et considèrent les « émotions, affects et le soin comme de la politique » sont vus comme essentiels à la création de mouvements qui peuvent se régénérer et où le soutien et le soin de soi et des autres sont centraux.


Notre équipe d’organisation est un groupe intergénérationnel de militantes féministes, principalement établi à Montréal, qui cherche à joindre les pratiques culturelles et artistiques pour un changement social dans divers contextes. Yvonne Deusth est une intervenante de Capacitar et une militante féministe pour la paix travaillant en Israël, qui développe présentement des outils d’animation pour aborder le bien-être dans les situations de conflits armés. Ariane Brunet a plus de 15 ans d’expérience en militantisme transnational pour les droits des femmes et agit présentement comme gestionnaire de projet au Center for Secular Space. Rima Athar est éducatrice et organisatrice dans les programmes touchant au genre, à l asexualité et aux droits humains, et est co-fondatrice de la campagne globale “Violence is Not our Culture”. Pascale Brunet-Gauthier est organisatrice communautaire et pratique l’art de rue. Elle travaille maintenant à la Clinique d'Aide Juridique de Pointe-St-Charles, à Montréal. Claudyne Chevrier est une organisatrice communautaire et poursuit présentement un doctorat en santé communautaire internationale à l’University of Manitoba, à Winnipeg.


Le Printemps Érable n’est en fait qu’un des nombreux soulèvements sociaux qui ont ébranlés la planète en 2011-2012. Nous croyons qu’en débutant localement, ce projet a le potentiel de générer des connaissances qui pourront par la suite être partagées avec d’autres mouvements à l’international.


Buts et objectifs

Afin d’éviter l’épuisement, la fatigue extrême et la dépression, il est nécessaire de créer des espaces où le bien-être des militant.e.s est au centre des préoccupations.


Politics & Care a quatre objectifs : (a) débuter un dialogue sur les attentes que l’on entretient envers soi-même lorsqu’on milite en temps de crise sociale, (b) formuler des stratégies pour assurer l’inclusion dans nos analyses politiques de la nécessité de se reposer, de soutenir nos relations intimes, de reconnaître le travail non rémunéré et de lier tout cela à des réflexions approfondies sur l’accessibilité, (c) développer, documenter et organiser une méthodologie pour l’échange avec divers mouvements sociaux à l’international sur les pratiques concernant l’art et les connaissances qui augmentent le bien-être individuel et collectif, (d) encourager le soin de soi et intégrer une éthique féministe du soin de soi et des autres dans les cultures d’organisation.


Activités

Première phase (Août à Octobre 2012)
Dans la première phase du projet, nous avons organisé une série de rencontre et d’ateliers avec des groupes de militant.e.s afin d’établir un espace public pour la discussion sur le bien-être et le soin de soi et des autres.


Nous avons organisé un atelier de deux jours avec une vingtaine de militant.e.s de premier plan, venant d’organisations et de mouvements divers, où nous avons offert de l’éducation populaire sur les pratiques de bien-être engageant le corps et l’intellect et servant la gestion du stress et des traumatismes, telle que collectées par le réseau Capacitar. Intercalée avec les pratiques, une série de discussions a été tenue sur les défis identifiés dans nos communautés face à la reconnaissance du besoin de soin de soi, et de ces relations avec le bien-être collectif dans le contexte de l’organisation et du renforcement de nos mouvements de résistance. Les participants ont gracieusement reçu la Boîte à Outils d’Urgence produite par Capacitar, afin qu’il et elles puissent continuer les pratiques après l’atelier et dans leurs communautés.


Nous compilons la documentation, sous la forme de photographies et de cartes conceptuelles, afin de la distribuer aux participants pour que le savoir collectif créé soit accessible à tous et réutilisable dans de futurs ateliers.


Les évaluations et réponses obtenues par les individus et communautés que nous avons contactées ont été très positives, et ont permis le réseautage extensif entre les personnes et groupes sensibles à cette question. Dans la période entre le mois d’août et d’octobre, des rencontres régulières sont tenues entre les participants et de nouveaux arrivés afin de garder actives la discussions et les échanges dans la communauté nouvellement formée.


Quelles sont les prochaines étapes, et pourquoi?

Deuxième phase

  • Ateliers de suivi et évaluations des participants de la phase première, individus comme collectifs.
    Ces ateliers auront comme but de revenir et d’explorer l’impact du travail fait en août pour voir si les individus et les groupes sont parvenus à rapporter le savoir acquis avec Politics & Care, incluant les pratiques de bien-être et de guérison engageant le corps et l’intellect de Capacitar, à leurs organismes et communautés militants, et si ces activités ont pu être intégrées à leurs vies quotidienne. Nous recueillerons et documenterons les façons dont les ateliers ont eu des impacts transformatifs sur les communautés militantes, ainsi que les obstacles et barrières ayant pu freiner l’intégration de ces connaissance et des pratiques, afin d’alimenter le développement de notre méthodologie. Ces ateliers de suivi approfondiront notre compréhension du lien entre le soin de soi et sa traduction en bien-être collectif, une question centrale à la conceptualisation de Politics & Care.
  • Nouveaux ateliers et formations sur les pratiques engageant le corps et l’intellect de Capacitar
    Un nouvel atelier de deux jours avec 20 nouveaux militant.e.s sera tenu. Beaucoup d’intérêt et de nouveaux contacts ont été générés à partir de l’atelier tenu en août, incluant des militants d’autres villes et provinces. Travailler avec des groupes de contextes d’organisation géographiques et sociopolitiques différents nous fournira des données cruciales pour améliorer notre habilité à traduire la méthodologie de Politics & Care d’un contexte à l’autre. De plus, la membre de notre équipe et formatrice de Capacitar a récemment donné des ateliers avec des militantes juives et palestiniennes en Israël. Lors de son retour à Montréal pour le second atelier, elle sera déjà en mesure de débuter une conversation à propose de la traduction du soin de soi et du bien-être d’un contexte international à l’autre.
  • Événement social de deux jours
    Un événement public unificateur qui étendra nos discussions sur le soin de soi et le bien-être. Pendant les deux jours, les groupes communautaires de Montréal seront invités à animer des ateliers ouverts centré sur leur expériences, idées et pratiques en lien avec le bien-être individuel et collectif, et à propos des pratiques artistiques liées aux travail militant. L’espace de l’événement soutiendra l’animation d’ateliers par des femmes et des personnes appartenant à des groupes minoritaires, particulièrement les femmes autochtones, les (im)migrant.e.s, personnes LGBTQI, personnes racialisées et les personnes vivant avec des handicaps. Nous inviterons également des artistes liant le changement social et une forte politique du bien-être à afficher leurs œuvres et offrirons des ateliers de création.

  • Importance de la deuxième phase

    La deuxième phase de Politics & Care jettera les bases d’une meilleure compréhension de la façon dont le bien-être dans le militantisme est lié aux capacités de résistance et de changement des communautés. Ces événements serviront à renforcer les capacités des femmes et des hommes de vivre une analyse et une pratique féministe intersectionelle qui permettent que le personnel devienne politique : nous devons créer de l’espace pour discuter de nos réponses émotionnelles aux crises sociales, définir ce qu’est le bien-être et reconnaître notre vulnérabilité. Nous voulons aussi tirer parti de l’intégration des pratiques de bien-être engageant le corps et l’intellect et construire des espaces plus sécuritaires afin de travailler sur notre reconnaissance collective de la violence systémique – (hétéro) sexiste, raciste et colonial – qui existe à l’intérieur des mouvements sociaux.


    Certains projets documentant l’effervescence artistique qui a marquée le Printemps Érable et les mouvements lui étant associés ont débutés , dans un effort collectif pour cristalliser et conserver l’émotion et la créativité qui a animé le mouvement. Dans le même sens, nous désirons documenter les pratiques collectives de soin de soi et des autres qui existent et qui ont émergées du mouvement. Ce savoir collectif doit être valorisé et intégré afin de créer des mouvements durables. La documentation et l’évaluation contribueront au développement de nouveaux outils d’éducation populaire axés sur les arts qui pourront traduire Politics & Care à des publics plus vastes et diversifiés, tout en revitalisant l’intérêt des participants de la première phase.


    Un effet additionnel du bourgeonnement de la grève étudiante dans le « Printemps Érable » a été d’élever le niveau de perception et de conscience de luttes incessantes contre le militarisme, la pauvreté et le chômage, les situations de logement précaires et les barrières d’accès aux services de base comme la santé et l’éducation que vivent et combattent quotidiennement de grandes portions de la société québécoise – particulièrement les communautés immigrantes marginalisées, les personnes LGBTQI, les personnes vivant avec des handicaps. La grève étant maintenant terminée, la deuxième phase permettra un retour sur les expériences et réflexions des 7 derniers mois, afin d’explorer comment l’énergie politique ayant émergée pendant le Printemps Érable peut être canalisée dans le renforcement des luttes actuelles contre l’austérité, le racisme et la pauvreté. Nous voulons créer des liens entre les luttes communes pour le soin émotionnel et le bien-être en rejoignant le travail de groupes communautaires tels que les artistes femmes Autochtones, les cliniques d’aide juridique, le Centre des travailleuses et travailleurs immigrants, le DESTA Black Youth Network, le centre communautaire des femmes Sud-Asiatiques et PINAY (Organisation des femmes Philippines du Québec), entre autres.


    Évaluation et durabilité

    Notre processus d’évaluation intégré est essentiel au développement et à la durabilité des réflexions collectives et capacités que nous espérons créer et raffiner par nos formations et activités. Après chaque événement, les participants sont invités à nous donner leur évaluation sous forme écrite, ce qui nous sert à former et ajuster nos plans d’activités futures. Les commentaires et réactions recueillies pendant la formation de deux jours de la première phase servent de base au développement de nos plans pour la deuxième phase.


    Dans la deuxième phase, nous recueillerons de l’information sur les effets transformatifs, et/ou les défis associés à l’application des idées générées dans la première phase, afin de continuer la recherche de réponses à une des questions clés sous-tendant notre projet : à quoi mène le fait de réellement tenir compte du bien-être et de prendre en charge le soin de soi et comment cela agit-il sur le bien-être collectif?


    Tout un travail de réflexion a été réalisé afin de développer des activités qui soient inclusive et qui permettent le réseautage entre les participants dans le but de créer des liens qui dépassent notre projet. Nos ateliers et formations sont entièrement bilingues (français et anglais), et, lorsque possible, nous offrons de la traductions afin d’encourager la discussion dans d’autres langues. Nous sommes très sensibles à l’importance de tenir ces événements dans des lieux qui soient accessibles, et nous recherchons du financement afin d’assurer que nos événements puissent continuer d’être gratuits et ouverts à tous ceux et celles qui voudraient y venir. Le regroupement de militants et d’individus avec divers intérêts pour discuter des lieux communs du bien-être individuel et collectif a déjà été la source de collaborations entre des projets émergents ou qui n’étaient pas préalablement liés.


    Nous espérons tenir compte et documenter les autres expériences des participants avec le soin de soi, et de rendre ces histoires disponibles pour un public plus large par l’utilisation d’un Tumblr Politics & Care. Cette documentation se lie au processus créatif en utilisant une diversité de média, incluant l’écriture, la vidéo, le collage et d’autres formes qui attirent les participants. Nous croyons qu’en ne privilégiant pas seulement la création artistique pour raconter notre histoire, mais en partageant les histoires à travers une plateforme web, nous pourrons encourager davantage la réception de commentaires, le début de conversations et possiblement des évaluations pouvant inspirer la direction que prendront les phases futures et projets connexes.


    C’est pour cette raison que le rythme que prend Politics & Care est moins rigidement défini. Nous croyons en la coordination d’événements qui répondent véritablement aux évaluations passées ainsi qu’aux nouvelles idées générées. Nous croyons qu’en étant réactif et flexible dans notre planification stratégique, ce projet atteindra notre but de politiciser la notion du soin dans les communautés de miliant.e.s.


    Financement demandé et budget

    SVP vous référer à la grille Excel en Annexe.






    Taking care of ourselves and others, equally, is the basis for creation of an inclusive society in which everybody enjoys care. It is our responsibility to find ways to end our exhaustion on a daily basis. Taking care of ourselves means that we need to learn to take responsibility for our emotional responses, emotional expectations and emotional lives.

    Manifesto: A Feminist Ethics of Care for Activists



    What is Politics & Care?

    Politics & Care – Un Projet works to make explicit the links between the process of creativity, through holistic healing, street art practices, and an integrated political discourse around well-being and self-care in activism and organizing.


    Politics & Care was launched in August 2012, within the context of the “Maple Spring” in Quebec, Canada – a 7-month long student strike against the regional government’s proposal to increase education tuition by 75% over the next 5 years. The response by the government to the ongoing demonstrations against the tuition hike was extreme repression and denial of basic political rights. In May 2012, the government passed Bill 78, which rescinded the rights of all citizens, to engage in political demonstrations unless approved by the police department. This law, and the mass arrests that accompanied it, were widely condemned by student associations, trade unions and community organizations and lawyers as well as the United Nations High Commissioner for Human Rights and Amnesty International. The atmosphere created led to high levels of tension, stress, exhaustion, trauma, and fatigue, as well as anger, resentment and fear, particularly amongst activists, but also everyday citizens affected by the cynicism of the government, the sounds of helicopters and sirens, the footage and photos of violence, and more.


    In fact the Maple Spring sparked a broader collective awareness around the kinds of threats and levels of exhaustion that those struggling for social justice, tirelessly, face on a daily basis. It also sparked awareness of how the emotional and the affective labor (active listening, confidentiality, support work, mediation, defusing tensions) that is required to deal with burnout and exhaustion is often devalued and discarded as not essential or central to the struggle. Instead, as activists we often feel we have to “soldier on”, and there can be little or no space within our communities to engage in activism differently.


    The strike however, also displayed immense levels of creativity and humour, with artistic interventions playing a key role in student mobilization as a way of defusing tension, keeping spirits high, and expressing dissent in new ways when unapproved demonstrations were banned. From the use of the red square as the symbol of the movement decorating people’s clothes and urban spaces such as walls, balconies, benches, trees, billboards, houses, statues and more, to economic blockades and the replacements of corporate advertisements with posters in solidarity with students all over Montreal , to the immense originality of protest signs and actions—including nightly casseroles borrowed from Latin America, creative expressions of resistance turned public space into a huge bulletin board for the movement, fostering increased solidarity within it.


    In the Maple Spring we thus saw an opportunity and a visible desire—particularly by those newly politicized into action by the strike—to develop new methods for social organizing, where international exchange around arts and knowledge practices that foster deeper awareness of ‘emotions, affect and care as politics’ is seen as integral to creating supportive, nurturing, and regenerative movements.


    Our organizing team is an intergenerational group of feminist activists, primarily based in Montreal, who engage arts & cultural practices for social change across diverse contexts. Yvonne Deustch is a Capacitar trainer and feminist peace-activist based in Israel, and is currently developing animation tools to address well-being in conflict situations. Ariane Brunet has over 15 years of experience in transnational women’s rights activism, and is currently the Program Manager for the Center for Secular Space. Rima Athar is an educator and organizer on gender, sexuality and human rights, and a co-founder of the global campaign “Violence is Not our Culture”. Pascale Brunet-Gauthier is a community organizer and street art practitioner, now working with the Montreal Pointe St-Charles Clinique d'Aide Juridique. Claudyne Chevrier is community organizer, currently pursuing her PhD in Public Health in Winnipeg.


    The Maple Spring is but one of the many social uprisings that swept the globe in 2011-2012. We believe that by starting locally, this project has the potential to generate knowledge that can be shared with other movements internationally.


    Goals & Objectives

    To avoid burnout, exhaustion and depression, it is necessary to create spaces where activist welfare is a central concern.


    Politics & Care has four objectives: (a) to open a dialogue on the expectations that we have towards ourselves when organizing in times of social crisis; (b) to strategize ways to insure that our political analyses account for the need to rest, to support our intimate relationships, to acknowledge unpaid work activities, and link these to a deeper politics of accessibility; (c) to develop, document and organize a methodology for the exchange of arts & knowledge practices that improve our individual and collective well-being, in conversation with diverse social movements across the globe; (d) to encourage self-care and integrate feminist ethics of care into organizing cultures.


    Activities

    Phase One (August to October 2012)
    In our first phase, we organized series of meetings and workshops with activist groups to open up a public space for conversations on self-care and collective well-being.


    We also held a two-day workshop for 20 leading activists from diverse backgrounds, where we offered popular education in body and mind practices to manage stress and trauma, as collected by the Capacitar network. Interspersed with the practices were a series of discussions on the challenges that our communities face in recognizing the need for self-care and its interrelations with collective well-being in the context of organizing and strengthening our resistance movements. Participants were given freely distributed Capacitar emergency toolkits, so they could continue the practices on their own and in their communities.


    Documentation, in the form of photographs and concept maps, are being collated to distribute to participants so that the collective knowledge generated through the workshops is made accessible to all, and usable in future workshops.


    The evaluations and responses by individuals and communities contacted have been really positive, and has allowed for extensive networking among individuals and groups sensitive to this issue. During the period between August and October, regular meetings are held with participants and newcomers to keep active the discussion and exchanges within the newly formed community.


    What are we doing next, and why?

    Phase Two

    • Follow-up Workshops and Evaluations individuals and collectives that participated in Phase One.
      These workshops will return to explore the impact of the work done in August, and whether individuals and collectives were able to bring the knowledge that they learned through Politics & Care, including CAPACITAR mind-body healing practices, back to their organizations and activist communities, an whether they integrated these activities in their daily life. We will collect and document data on the ways the workshops had transformative effects in activist communities, as well as obstacles and barriers to integrating new knowledge and practices, to inform our developing methodology. These follow-up workshops will deepen our understanding of how individual self-care can and does translate into collective well-being, a critical question informing Politics & Care.
    • New Workshops & Trainings on CAPACITAR Body-Mind Practices
      A second two-day training with 20 new activists. Much interest and new contacts have been generated from the August training, including amongst activists from other cities and provinces. Working with groups from different geographical and socio-political organizing contexts will provide valuable data to improve our ability to translate the Politics & Care methodology across contexts. Additionally, our team member and Capacitar trainer has recently conducted workshops with Israeli and Palestinian activists in Israel. In returning to Montreal for this second training, she will already be able to open up a conversation about translating self-care and well-being across international contexts.
    • Two-Day Social Event
      A unifying public event that will extend our discussions on self-care and well-being. Over the two days, Montreal community groups will be invited to give open workshops focusing on their experiences, ideas and practices relating to individual and collective well-being, and about artistic practices relating to activist work. The event space will support workshop leadership by women and persons belonging to minority groups, particularly Native women, migrants, LGBTQI persons, racialized persons and people living with disabilities. We will also invite artists who connect social change & a politics of care to display their work, and offer collective art-making workshops during the forum.

    • Importance of Phase Two

      Phase Two of Politics & Care will lay the groundwork to better understand how well-being in activism is linked to communities’ capacities of resistance and change. These events will build the capacity of women and men to enact an intersectional feminist analysis and practice in ways that make room for the personal to become political: we need to create the space to discuss our emotional responses to social crisis, define our well-being and acknowledge our vulnerability. We also want to build upon mind-body integration practices, and create safer spaces to work on naming the systemic violence—(hetero) sexist, racist and colonial—that lives within social movements.


      Some projects have already started to document the artistic effervescence that accompanied the Maple Spring and its associated movements , in a collective effort to crystallize and keep the emotion and creativity that animated the movement. In the same manner, we wish to document the collective practices surrounding caring for ourselves and others that exist, and that have emerged during the movement. The collective knowledge needs to be valued and integrated in order to create sustainable movements that can carry on. Documentation and evaluations will contribute to developing new arts-based popular education tools that will translate Politics & Care to a wider audience, while re-engaging participants from Phase One.


      Another effect of the student strike blossoming into the “Maple Spring” was a heightened awareness of the ongoing struggles against militarism, poverty and joblessness, housing insecurity, barriers basic services such as health and education, that large portions of Quebec society—particularly marginalized immigrant communities, LGBTQI persons, people living with disabilities, and more—struggle against on a daily basis. With the strike now over, Phase Two will return to experiences and reflections of the last 7 months, to explore how we can channel the political energy that emerged during the Maple Spring into strengthening existing struggles against austerity, racism and poverty. We seek to build bridges around common struggles for emotional care and well-being by connecting to the work of community groups such as Native women activists, legal aid clinics, the Immigrant Workers' Center, DESTA Black Youth Network, the South Asian Women's Community Centre, and PINAY (Filipino Women's Centre), amongst others.


      Evaluation & Sustainability

      The built-in evaluation process is instrumental in the development and sustainability of the collective reflections and skills that we hope to develop through our training and activities. After each event, we invite written evaluations from our participants, which help shape and adjust our plans for future activities. The feedback from the two-day training in Phase One is guiding our plans for the development of Phase Two.


      In Phase Two, we will collect data on the transformative effects, and/or challenges to approaching self-care and collective well-being, that resulted from Phase One, to begin answering one of the key questions underlying our project: how does taking heed of and actualizing self-care lead to and impact upon collective well-being?


      Much thought has gone into designing activities that are inclusive and that allow for networking between participants to foster the creation of links that go beyond our project. Our workshops and events are fully bilingual (French and English), and where possible we will provide translators to sustain conversations in other languages. We are very conscious of holding these events in accessible spaces, and are seeking funding and supports that will enable these events to continue to be free and open to whoever wishes to attend. The bringing together activists and individuals with diverse interests to discuss the common ground of care and well-being has already created small collaborations between new or previously unlinked projects.


      We hope to engage and document participants’ other experiences with self-care beyond our project as well, and to make these stories available to the public through the Politics & Care tumblr. Making the links to the creative process, this documentation will be through diverse media, including written, video, audio, collaging, and other forms that speak to participants. We believe that by not only using artworks to tell our stories, but by sharing the stories through an online platform, we will be able to invite even more feedback, conversation, and perhaps evaluation to inform the direction of future phases, and spin-off projects.


      For this reason, the pace of Politics & Care is less-defined. We believe in coordinating ongoing events that really respond to the evaluations, and the new ideas generated. We believe that by being responsive and flexible in our strategic planning, this project will reach our goal of politicizing the notion of care across communities of activists.


      Requested Funding and Budget

      See excel sheet in annex

Difficulté à gérer “l’opinion publique” au sein des membres de l’asso étudiante. Il est difficile d’avoir des revendications, d’essayer de transmettre de l’information de façon honnête(!) tout en gardant en tête l’importance d’une certaine “image publique”… cela donne lieu à des déchirements internes difficiles à vivre, qui entraînent de la tristesse, du STRESS, et de l’immobilisme, lorsque tout ce qu’on fait en tant qu’exécutante est “mal vu,” “mal perçu,” qu’on se sent “jugée” et étiquetée… L’estime de soi demeure, compte, mais un manque d’estime des autres est douloureux par moments, alors qu’on met tout son
!



Fatigue. Manque de soutien.



10 novembre 2011: Fébrilité et insécurité lors d’altercations avec la police à l’université McGill. Devoir rassurer un ami en crise de panique. Entre-aide et solidarité envers d’autres étudiants, même inconnus. Toutes nos emotions amplifiées x 10. MÉCHANTE POLICE